| À Percé, par les beaux
jours d'été, quel plaisir que de se laisser bercer par
le bruit des vagues en observant le rocher animé par le passage
de quelques chaloupes de pêche!
À la tombée du jour, lorsque le soleil disparaît
derrière la montagne et que s'installe sur le village cette
quiétude propice aux rêveries poétiques, qui
n'a pas souhaité prolonger éternellement ces instants
si précieux?
Les vieux habitués de Percé -ceux qui y retournent
d'année en année comme s'il s'agissait d'un pèlerinage-
vous le diront: à l'hôtel La Normandie, personne n'échappe
à ces moments de ravissement.
C'est la magie du rocher qui exerce ses charmes sur les yeux des
visiteurs. Si ceux-ci se tournent davantage vers la mer, c'est l'Île
Bonaventure avec ses mystères qui captent leur attention.
Que vient faire l'établissement hôtelier dans toute
cette mise en scène? C'est à lui que revient l'honneur
d'offrir les meilleurs loges pour assister au spectacle.
Construit à deux minutes de marche du quai de Percé,
juste en face de la mer, en plein coeur du village, l'hôtel
La Normandie a toujours été très populaire
auprès des vacanciers à cause de son site qui en fait
un observatoire unique pour contempler le rocher.
À la tombée du jour, assis dans ses jardins ou sur
ses balcons, il n'y a pas de plaisir plus exquis que d'y siroter
une bière en humant les odeurs salines que transporte le
vent du large.
La seule pensée que l'on y prendra ensuite le repas du soir
fait de cet instant si agréable un autre moment privilégié
pour le vacancier familier avec la cuisine de l'établissement.
Ouvert en 1937 mais complètement détruit par un incendie
en 1977, l'hôtel La Normandie occupe une grande bâtisse
d'allure moderne, constituée de deux ailes rectangulaires
érigées face à la mer.
Haute de trois étages, cette construction est recouverte
d'une toiture en bardeaux rouges qui met en évidence des
murs blancs découpés par de grandes fenêtres
panoramiques donnant accès au jardins et à la promenade
qui longe la grève.
Chaleur et professionnalisme
En pénétrant à l'intérieur, le visiteur
saisit immédiatement qu'il sera choyé dans cet établissement
si bien situé. À la réception, l'accueil est
chaleureux et poli, teinté d'un professionnalisme qui étonne
les vacanciers effectuant un premier tour de la Gaspésie.
Dans les chambres -il y en a 45 dont 37 avec vue sur la mer-, les
lits sont confortables et pourvus de matelas fermes; le mobilier,
lui, est moderne, à la mode des grands hôtels; le téléphone,
le télécouleur et des lampes de chevet pratiques pour
la lecture complètent le décor auquel il faut évidemment
ajouter les fenêtres panoramiques qui, à l'aube, permettent
de contempler d'éblouissants levers de soleil. |
Une table inoubliable
C'est à l'heure du dîner
que le visiteur découvre le dernier attrait de cet établissement:
sa cuisine. En est responsable l'un des copropriétaires de
l'hôtel, François Létourneau, l'un des meilleurs
chefs de la Gaspésie, gagnant du Grand Prix de la gastronomie
de la Gaspésie en 1995.
Originaire de Cacouna, décorateur de métier, fils
d'aubergiste, Létourneau cuisine depuis plus de 20 ans avec
un art qui révèle un chef talentueux et entreprenant.
Sa cuisine est d'inspiration régionale mais porte la marque
des grands courants classiques. "Ce que j'aime le plus dans
la cuisine, explique Létourneau, c'est d'improviser, essayer
de nouveaux mariages, imaginer de nouveaux plats. C'est là
que je m'amuse le plus".
Cette approche en matière d'art culinaire se traduit par
des créations savoureuses tels ces pétoncles au basilic
qui figuraient au menu lors de notre passage ou encore ce soufflé
de foies de morue qui devait se révéler un délice
pour le palais.
Comme bien d'autres chefs da la Gaspésie, Létourneau
propose plusieurs plats de poissons et de fruits de mer, produits
qui lui sont fournis par les pêcheurs locaux. Ces plats demeurent
les meilleurs choix pour les vacanciers de Montréal et de
Québec qui ont rarement l'occasion de goûter à
des produits frais.
Parmi ces plats, il faut absolument mentionner les pétoncles
au poivre rose et le saumon poché, façon Montpellier,
ou grillé, sauce basilic.
Figurent également au menu plusieurs plats de viandes dont
les roulades de volaille, sauce à l'estragon, le chausson
de ris-de-veau au Madère, les aiguillettes de canard à
l'orange et au poivre vert et enfin le carré d'agneau à
l'ancienne.
Le décor de la salle à manger ajoute une note romantique
aux agapes. Par les grandes fenêtres panoramiques, on peut
observer la mer ou le rocher. Sur les tables scintillent des chandelles
invitant aux confidences.
Si l'on ajoute à cette ambiance un service impeccable, on
aura vite compris qu'un séjour dans cet établissement
ne laisse que de merveilleux souvenirs.
C'est ce qui fait la fierté de Létourneau et de Michel
Boudreau, l'autre propriétaire de l'hôtel-motel La
Normandie, responsable de son administration.
Létourneau et Boudreau ont un autre trait commun: ils se
distinguent par leur attachement au métier d'aubergiste.
C'est sans doute une autre distinction qui explique la popularité
de leur établissement.
Source: La Presse Samedi
29 Juillet 1995,
L'hôtel La Normandie, un observatoire unique à Percé
François Trépanier. |